15.09.2006
Hioum...
J'ai le regret de vous annoncer le décès de mon bien-aimé Gregor, ayant confondu son déodorant au monoï des bois avec la bombe d'insecticide.
C'est pour mener son deuil, Ô combien douloureux, que je rend les clefs de mon F2 avec larmes de crocodile et emjambées de chimpanzé saoûl.
Voilà. Je suis d'une humeur trop hypra-giga-active et je n'ai pas le temps entre ma vie sociale trépidante, le travail, la musique, le théâtre, la recherche d'emploi et le décuvage pour m'éterniser ici.
Vous excuserez mon peu de constance. J'ai toujours été cancre en la matière.
21:11 Publié dans Online-Black-Beetle | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : hum, ce n'est qu'un aurevoir mes frères
29.08.2006
Dorian Gray
En ces lieux étrangers, mon oeil se posa, négligeant, sur les quelques toiles barbouillées qui pendaient à la chaux des murs anciens.
Mon premier dégoût fut pour ce pastiche d'école de Dali qui tenait du roman photo. Deux corps face à face, visages pâles et vaporeuses tignasses noires, corps écorchés parsemés de fleurs naïves.
Je me dis, tout en glougloutant mon vin trop amer, que la femme avait le profil noble, et j'admirais silencieusement, honteuse de contempler une telle oeuvre, sa grace simple.
Puis au fil des jours et des désintérêts domestiques, je revins à cette servile abomination.
Dorian Gray !
Je vis la troublante ressemblance entre ses traits et les miens. Elle était cette photographie que l'on avait prise de moi, quelque années auparavant, yeux clos et lèvres écloses, soufflant des brumes de nicotine.
Et voilà ce visage tendu vers celui d'un sinistre inconnu. Mon visage ! Le sien était laid sans l'être vraiment, disharmonieux, long et émacié comme le tranchant d'une lame perverse.
J'y vu une sorte de fatalité : serai-je celle que j'avais été ? Qui était pour moi cet éphèbe raté, à qui j'aurais rendu volontiers plus de soufflets que de baisers, lui qui tendait la bouche comme d'autres déjà éventés ?
Je ne fis pas la remarque à ceux qui résidaient à ma table. Peut-être m'eurent-ils trouvée vaniteuse de me voir la soeur de celle qui m'avait d'abord semblée belle.
Je me demandais si ce visage était le mien, réellement : mais l'évidence était telle, bien que la chose soit invraisemblable.
A travers le brouhaha de l'auberge, je fixais à nouveau la face abandonnée du portrait, et je n'en vis plus que les imperfections.
Elle vieillira, et moi pas. Elle canalisera sur elle la laideur qui encrassera mon âme déjà noircie par l'outrage et le deuil.
Elle sera l'éxutoire suprême de mes détracteurs, elle sera l'amante ridicule au corps décharné tendant sa carcasse vers un satyr fade, tandis que je récolterai les honneurs et la félicité qu'elle aura semé, étranges pâquerettes sur sa toile trop vive et appliquée.
Je serai le sublime, elle sera ma vanité, elle sera mon seul échec et ma plus grande victoire.
Je la laisserai, fierté déshinibée de l'auberge perdue dans la campagne inaccessible.
Nul ne se souviendra de sa quiétude, et nul ne s'étonnera de la voir plus laide, triste et malsaine chaque soir.
Je pris une tranche de pain, et sortis sous le poids des regards caresser dehors le gros chien lépreux en allumant une cigarette.
J'ai conjugué les verbes tendres à l'imparfait.
Tout me sembla dès alors possible.
21:30 Publié dans Chroniques de dessous l'évier | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : baba cool, oscar wilde, patata, météo catastrophe
28.08.2006
Syndrome d'Indiana Jones
Pleurez, malheureux Otaïtiens !
[décidemment, je ne remercierai jamais assez Diderot pour cette splendide réplique qui se place à peu près partout ...]
A. part pour un périple dangereux et non moins exotique.
Elle ammène dans ses périgrinations Gregor, son cafard de compagnie qui loge aisément dans son balluchon en vichy élimé, et sa fille Cunégonde-Adélaïde, qui devrait tenir dans la poche arrière de son pantalon.
Cette expédition vers une grotte énigmatique et perdue, à travers jungles, maquis et marécages durera environ une demie Lune.
Mais il faut ce qu'il faut pour rammener vers la civilisation des reliques dont la place est - à coup sûr - dans un musée.
Bon, à dire vrai, A. va grattouiller à coups de truelle et de piolet des restes de repas dans l'antre de Hyènes du Paléolithique, comme s'il ne suffisait pas qu'elle fasse la vaisselle de ces colocataires.
Mais Elle le vit relativement sereinement, et vous laisse donc, pauvres orphelins que vous êtes, sans sa rayonnante et blasphèmatoire personne.
20:21 Publié dans Chroniques de dessous l'évier | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : fouet et stetson, truelle, absence, camping, tuperwear



